L'aéroport Nice Côte d'Azur veut être Net Zéro émission en 2030

Contesté dans son projet d'extension, l'aéroport accélère ses programmes environnementaux. Il a annoncé sa volonté de ne plus émettre un seul gramme de gaz à effet de serre dans dix ans, soit avec 20 ans d'avance sur de précédentes annonces, et a présenté les étapes qu'il allait franchir pour réussir le challenge.

Vue aérienne Aéroport

Très contesté par la population dans son projet d'extension du Terminal 2, l'Aéroport Nice Côte d'Azur a cherché à renforcer ses programmes environnementaux, l'un des points (mais ce n'est pas le seul) sur lequel il est attaqué. C'est dans ce contexte qu'il a présenté en milieu de semaine toute une série de mesures destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les trois aéroports qu’il gère : Cannes Mandelieu, Golfe de Saint-Tropez et principalement bien sûr Nice Côte d’Azur.

Nouveau record en 2019 : 14,485 millions de passagers !

Cela avec un objectif précis : après avoir atteint la neutralité carbone en 2016, être Net Zéro Emission, c’est-à-dire ne plus émettre un seul gramme de gaz à effet de serre, dans dix ans. En 2030, soit avec 20 ans d'avance sur de précédentes annonces qui fixaient cette échéance, prise en même temps par 192 aéroports européens, à l'horizon 2050. Bertrand Piccard, fondateur et président de la Fondation Solar Impulse, n'a pas manqué de saluer ces bonnes résolutions.

Comment le groupe compte-t-il accélérer le pas ? Un challenge difficile à ce niveau. En particulier sur Nice Côte d'Azur, premier aéroport de province français qui, en 2019, a affiché 14,485 millions de passagers (+4,6% par rapport à 2018) dépassant ainsi déjà sa capacité maximale de 14 millions.

Les mesures envisagées pour atteindre le Net Zéro émission en 2030

L'aéroport toutefois ne part pas de zéro. Comme l'a expliqué Isabelle Vandrot, chef du département Développement durable et Environnement "aujourd’hui, un passager qui transite par nos terminaux représente à peine 100 grammes de CO2, c’est 92% de moins que dans la moyenne des aéroports européens." En 2020, l'aéroport compte qu'il aura réduit de 83% ses émissions par le biais des compensations et grâce à l’électrification de 80% de ses véhicules de service, chiffre qui montera à 86% en 2021 avec la suppression du gaz dans son terminal Fret et son pôle Technique.

Ensuite, l'objectif de ne plus émettre de gaz à effet de serre en 2030 devrait être atteint par la suppression progressive du gaz dans l’ensemble des bâtiments, le développement de surfaces photovoltaïques ou la décarbonation des engins spéciaux. Le tout pour un budget de 20 M€. Cet objectif zéro émission, est-il précisé, s'appliquera aussi à l'extension du Terminal 2 dont les travaux, après le permis de construire accordé fin décembre, devraient commencer cette année pour une livraison échelonnée entre l'été 2021 et 2023 (coût du chantier autour de 80 M€).

S'attaquer également à tout ce qui est "hors périmètre" de l'aéroport

Après, dès 2034, grâce à des puits de carbone, l’aéroport compte devenir un absorbeur du CO2 émis par les avions qui s'y posent et redécollent. Reste à s'attaquer au volet le plus important qui se trouve "hors périmètre" de l'aéroport : les émissions des avions lors des phases d’approche, de roulage et de décollage. D'où la présentation également d'une série de mesures, concrètes, immédiatement applicables, permettant de diminuer l’impact environnemental du secteur aérien.

On y trouve une modulation de l'éco-contribution qui taxe les billets d'avions suivant la compétitivité écologique des compagnies, ainsi que la modulation des redevances aéroportuaires en fonction de l’empreinte environnementale effective de chaque type d’avion comme Vinci l'a envisagé pour les Aéroports de Paris. "La logique de compétitivité écologique, c’est une nouvelle vision de l’économie du secteur aérien au service de l’accélération de sa R&D et de la préservation des Territoires" souligne Dominique Thillaud, président du Directoire d'Aéroports de la Côte d'Azur.

Toutes ces mesures environnementales rassureront-elles les opposants au projet d'extension? On en doute. Mais elles devraient en tout cas conforter le Permis de Construire, accordé sous conditions notamment environnementales et contribuer à la transition nécessaire vers un transport aérien plus respectueux de la planète.