Changement de pouvoir chez Qwant : Eric Léandri quitte la présidence

Le fondateur du moteur européen et par ailleurs président de la French Tech Côte d'Azur, quitte la présidence de Qwant sous la pression des actionnaires et sera remplacé par Jean-Claude Ghinozzi, directeur marketing et commercial. S'il perd la direction opérationnelle, Eric Léandri va prendre la présidence d'un comité stratégique et scientifique du groupe.

Eric Léandri

Changement de direction à la tête de Qwant : Eric Léandri, le fondateur du moteur de recherche européen dont la force de R&D se trouve à Nice, quitte la présidence sous la pression des actionnaires. Il est remplacé à ce poste par Jean-Claude Ghinozzi, nouvel homme fort de Qwant, un ancien de Microsoft arrivé en 2017 et qui jusqu'à présent dirigeait les activités marketing et commerciales.

Améliorer la fiabilité du moteur et la monétisation du service

Sa mission sera de clarifier la stratégie de l’entreprise pour se concentrer sur l’essentiel : la fiabilité du moteur de recherche, jugé encore imparfaite, et l’équilibre financier alors que Qwant, sur la première partie de 2019, perdait environ à 1 million d’euros par mois. Le nouveau patron devrait en particulier améliorer la monétisation du service. Ce qui passerait par une meilleure exploitation de l’activité shopping et du trafic sur mobiles

Par ailleurs président de la French Tech Côte d'Azur, Eric Leandri, qui est l'un des actionnaires importants de Qwant, devrait quant à lui prendre la présidence d'un comité stratégique et scientifique de Qwant, chargé de "définir les orientations scientifiques et technologiques". C'est ce qui a été précisé ce matin dans un communiqué du groupe.

Un nouveau tour de table à 10 M€ en vue

"Les actionnaires de référence, la Banque des Territoires (groupe Caisse des Dépôts) et Axel Springer ont décidé de renouveler leur confiance et se sont engagés à participer à un nouveau tour de table qui sera finalisé courant février", est-il également indiqué. Si le montant de cette recapitalisation prévue par la Caisse des dépôts et Axel Springer, qui détiennent ensemble au moins 35% du capital n'est pas précisé, le quotidien Le Monde croit savoir de son côté que les deux partenaires pourraient réinjecter 10 M€.

Il a également été noté que ce changement s’accompagne d’un renforcement du contrôle des actionnaires sur la marche de l’entreprise. Antoine Troesch, directeur de l’investissement de la Banque des territoires (une des cinq directions de la Caisse des Dépôts) devrait prendre la tête d’un conseil de gouvernance chargé de valider les décisions portant sur des changements stratégiques ou engageant des dépenses importantes. D'autre part, les actionnaires vont avoir plus de sièges au conseil d'administration.

Qwant considéré comme un "élément de souveraineté nationale"

Le soutien de Qwant en tant "qu'élément de souveraineté nationale" a été cependant réaffirmé. Respectueux des données personnelles des utilisateurs, Qwant, qui s’apprête à devenir le moteur par défaut de l’administration française, est considéré comme une alternative à la prédominance exclusive de Google. Le moteur de recherche devrait rester aussi très présent à Nice où il a inauguré en fin d'année dernière ses nouveaux bureaux niçois au cœur de la ville, dans le quartier Notre-Dame où travaillent une quarantaine de collaborateurs (150 au total pour l'entreprise).

Quant à Eric Léandri, il avait été très fragilisé par un ouragan médiatique qui s'est levé l'an dernier. Il lui était reproché pêle-mêle de s'appuyer trop sur Bing, le moteur de recherche de Microsoft, d'entretenir le flou sur les comptes du groupe, de verser des salaires trop élevés aux dirigeants, d'assurer un management "toxique"… Le changement de pouvoir vient solder le malaise que ces allégations avaient suscité autour de Qwant.

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